Bonjour,
Je n’ai pas pour habitude d’intervenir dans les forums, mais Bertrand FAYON de l’organisme de formation ABSOLUTIO me l’oblige.
En France une certification est reconnue officiellement par l’administration si le titre est enregistré au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) c’est le cas du CATC, ou s'il appartient à la CPNE (Commission Paritaire pour l’Emploi) d’une branche professionnelle comme le dispositif des 3 CQP Cordiste. Les CQP furent créés pour permettre aux salariés justifiants d’une expérience dans un métier d’obtenir un titre référencé dans les conventions collectives des branches professionnelles pour équivaloir à un diplôme de l’éducation nationale comme les CAP, BAC, BTS, etc.
Le CQP Cordiste fut le 1er CQP créé par la branche du BTP en 1996, puis remanié en 2002 dans un dispositif de 3 certifications pour anticiper sur l’évolution du droit européen avant la retranscription en droit français de la directive EU sur les travaux en hauteur.
Dans ce contexte, les certifications IRATA contrairement aux idées reçues ne sont pas reconnues par les organismes institutionnels et les administrations en France et dans les pays européens. Elles ne peuvent pas se prévaloir d’être des certifications internationales, mais appartiennent à une organisation privée et valable uniquement dans un cadre bien particulier celui des procédures d’accès sur cordes IRATA. Pour faire simple, la sureté des interventions ne repose pas sur les compétences techniques du cordiste, mais est garantie par le respect d’une organisation du travail particulière basée sur le droit du travail anglo-saxon. Ce système n’a pas été reconnu en France, car en dehors du respect du Code du travail français, il est potentiellement dangereux pour les personnes qui travaillent en dehors de ce cadre et de ce fait directement néfaste pour l'image d'une profession et la reconnaissance de la sureté des interventions sur cordes en général.
Dans le système IRATA, la sécurité est garantie par la supervision obligatoire des interventions par un IRATA niveau 3, ce qui n’est entre autres pas recevable en droit français. Tout le système repose donc sur les compétences techniques du niveau 3, les niveaux inférieurs ne bénéficient pas d’une autonomie et des compétences élargies pour justifier la sureté de l’intervention (d’où le temps de formation très inférieur à celui des formations qualifiantes françaises).
Il ne s’agit donc pas d’un monopole des certifications françaises en France, mais plutôt du lobbying de la part des organismes de formation qui dispensent de l'IRATA sachant pertinemment que les compétences après 1 semaine de formation ne peuvent pas équivaloir à celles acquises en 4 semaines minimum pour un CQP1. Ainsi, les personnes formées d’après les procédures figées de ce système inadapté à la réalité des chantiers, se mettent en danger lorsqu’elles ne travaillent pas dans le schéma prescrit par l’IRATA ce qui est le cas partout en France et majoritairement en dehors de nos frontières.
Pour travailler à l’étranger, les certifications nationales CQP et CATC sont valables et reconnues, il faut avant tout parler la langue en usage sur le chantier (généralement l’anglais est accepté par les entreprises anglo-saxonnes, norvégiennes, l’allemand est parfois nécessaires dans l’éolien et l’Espagnol pour l’Amérique du Sud).
Pour informations, le DPMC ne dispense pas de formation, mais a pour mission de défendre et promouvoir le métier de cordiste en France et les compétences des cordistes français à l’étranger.
Le DPMC est membre fondateur du comité Européen ECRA et travaille pour mettre en place des équivalences entre les différentes certifications nationales officielles, comme l’exige la règlementation européenne. L’Allemagne, l’Espagne, la Norvège, la France sont membres fondateurs et nous espérons bientôt pouvoir accueillir la Suisse, l’Autriche, le Luxembourg, la Roumanie, la Bulgarie et la Pologne (aujourd’hui d’autres pays hors union se rapprochent de l’ECRA). Pour infos, contacté en 2010, l’IRATA n’a pas souhaité se comparer aux autres systèmes de certifications.
J’espère avoir répondu à vos questions et je conseille vivement à tous les cordistes de suivre une formation CQP ou CATC dans un organisme de formation agréé, car en plus d’être des certifications reconnues par les institutions nationales, donc à fortiori à l’international, cela leurs apportera de véritables compétences techniques facilement transposables dans le système IRATA ce qui n’est pas le cas dans l’autre sens.
Pour répondre plus directement à Julie, le métier de cordiste nécessite effectivement une double compétences. La principale est la maitrise des techniques de cordes sans lesquelles on ne peut pas accéder au poste de travail, qu'il faut associer à des qualifications ou aptitudes pour réaliser un travail en prenant en compte l’analyse des risques liés aux accès sur cordes, ceux de l’environnement de travail et ceux de la tâche à réaliser.
Par ailleurs, les travaux en hauteur sont interdits en France pour les mineurs sauf dérogation de l’inspection du travail.
Pour plus d'informations, je vous invite à consulter le site internet du DPMC : www.cqpcordiste.fr ou www.dpmc.eu
Bonne continuation
Marc GRATALON
Responsable Technique France