Bienvenue sur Association le cordiste, Anonyme 25.09.2018 - 12:56

Les cordistes et la médecine du travail

Au cours de mon stage à l’AMETIF, j’ai assuré la surveillance de salariés « Cordistes » ou « Travailleurs acrobatiques » ou « Travailleurs des grandes hauteurs » qui pratiquent un métier mal connu et qui nécessitent un suivi spécifique et régulier. Cette activité est limitée par la législation qui exige de privilégier la protection collective sur la protection individuelle. Malgré tout, profitant d’une certaine tolérance de la part des pouvoirs publics et des préventeurs, cette profession est en plein essor. C’est une activité professionnelle sportive-like qui exige une condition physique élevée, des notions de sécurité précises, la connaissance d’une vraie technique de progression et de travail sur corde et enfin des qualifications dans un autre métier du bâtiment.

La pratique de ce métier, historiquement liée à celle de l’alpinisme et de la spéléologie, attire actuellement des hommes jeunes sans formation sportive le plus souvent et sans compétence professionnelle.

L’essentiel de la charge de travail repose sur la charge physique avec une composante dynamique importante et connue mais aussi une composante statique souvent sous-estimée.

La composante liée à la charge mentale et à la charge d’ambiance est très présente mais varie beaucoup selon les chantiers et les salariés (selon leur aisance physique et leur psychisme).

L’utilisation d’un matériel spécifique et en bon état est un facteur essentiel de la sécurité.

J’ai soumis un questionnaire à 73 salariés pratiquant majoritairement le métier de cordiste, 47 réponses ont pu être analysées et exploitées. Ce questionnaire est axé sur la pratique et le matériel. Il montre qu’un réel problème se pose à ce niveau-là.

Cette étude fait donc un quadruple constat et une conclusion:

-Les cordistes sont majoritairement des intérimaires et donc plus vulnérables.
-La charge physique est très élevée. Les indices relevés par Cardio-fréquence-métrie
sont souvent au dessus de l’acceptable.
-La gestion du matériel et des EPI est très floue et augmente les risques d’accidents.
-La formation est le plus souvent absente, ou alors bâclée. Pourtant, la situation
s’améliore.

Le temps médical consacré à ce type de « salarié à risque » doit être très nettement augmenté et être considéré comme prioritaire. La surveillance médicale des salariés doit être très vigilante sur la forme physique sans pour cela s’orienter vers une pratique médicale de sélection. Le médecin du travail doit être associé au suivi du matériel et des équipements de protection.

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